Un angle est connu, un côté manque, et le triangle n’est pas rectangle : c’est précisément le genre de situation où la loi des sinus devient utile. Je présente ici la relation, la méthode de calcul, les cas où elle est réellement adaptée et les erreurs qui faussent le résultat. Les exemples permettent de passer directement de la formule aux mesures concrètes.
L’essentiel pour exploiter les sinus dans un triangle
- Relation fondamentale : a / sin(A) = b / sin(B) = c / sin(C).
- Chaque côté doit être associé à l’angle qui lui est opposé.
- La méthode convient surtout lorsqu’on connaît un côté et deux angles, ou deux côtés avec un angle opposé.
- La calculatrice doit être réglée en degrés pour les exercices classiques de géométrie.
- Avec deux côtés et un angle, il peut exister deux triangles possibles.

Comprendre la loi des sinus sans se perdre dans les lettres
Dans un triangle ABC, je note généralement a le côté opposé à l’angle A, b le côté opposé à B et c le côté opposé à C. La relation à retenir est la suivante :
a / sin(A) = b / sin(B) = c / sin(C)
Autrement dit, le rapport entre la longueur d’un côté et le sinus de son angle opposé reste constant dans tout le triangle. Cette propriété fonctionne pour un triangle rectangle, mais aussi pour un triangle quelconque, ce qui la rend bien plus souple que la simple définition du sinus dans un triangle rectangle.
Le sinus d’un angle est un nombre compris entre 0 et 1 pour les angles d’un triangle. Plus l’angle est grand, plus le côté qui lui est opposé est généralement long. La formule traduit exactement cette idée et permet de calculer une mesure inconnue à partir de mesures connues.
La forme avec le rayon du cercle circonscrit
La même loi peut aussi s’écrire a / sin(A) = 2R, où R désigne le rayon du cercle circonscrit au triangle. Cette version est surtout utile lorsque le problème fournit le rayon du cercle passant par les trois sommets.
Dans les exercices courants, je conseille de rester sur la forme avec les rapports. Elle est plus directe et évite d’introduire une donnée supplémentaire dont on n’a pas besoin.
Une formule d’aire à ne pas confondre
Le sinus intervient également dans le calcul de l’aire d’un triangle. Si l’on connaît deux côtés b et c ainsi que l’angle A compris entre eux, on utilise S = 1/2 × b × c × sin(A).
Cette expression ne remplace pas la loi des sinus. Elle répond à une autre question : calculer une surface plutôt qu’une longueur ou un angle. Dans une résolution complète, les deux relations peuvent toutefois se compléter.
Reconnaître le bon moment pour l’utiliser
La loi des sinus est particulièrement efficace lorsque l’on connaît un couple côté-angle opposé. Par exemple, si a, A et B sont connus, on peut trouver b avec b / sin(B) = a / sin(A).
| Données connues | Outil généralement adapté | Ce que l’on peut calculer |
|---|---|---|
| Un côté et deux angles | Loi des sinus | Les autres côtés et le dernier angle |
| Deux côtés et un angle opposé à l’un d’eux | Loi des sinus | Un angle, avec parfois deux solutions |
| Trois côtés | Loi des cosinus | Les angles |
| Deux côtés et l’angle compris entre eux | Loi des cosinus | Le troisième côté |
Je vois souvent une confusion entre la loi des sinus et le théorème d’Al-Kashi, appelé aussi loi des cosinus. Mon repère est simple : si un couple côté-angle opposé apparaît dans l’énoncé, je pense d’abord aux sinus. Si l’angle est situé entre deux côtés connus, les cosinus sont souvent plus naturels.
Il faut aussi vérifier que les angles forment bien un triangle. La somme des trois angles doit être égale à 180°. Cette vérification rapide permet de repérer une donnée mal recopiée avant de commencer les calculs.
Calculer une longueur étape par étape
Imaginons un triangle ABC avec A = 35°, B = 65°, C = 80° et c = 14 cm. On cherche la longueur a, située en face de l’angle A.
Écrire le rapport avec les bons opposés
Les côtés a et c sont associés respectivement aux angles A et C. On écrit donc a / sin(35°) = 14 / sin(80°). L’association est essentielle : utiliser sin(B) à la place de sin(A) donnerait un résultat faux, même si le calculateur fonctionne parfaitement.
Isoler l’inconnue
On multiplie les deux membres par sin(35°) :
a = 14 × sin(35°) / sin(80°)
Avec une calculatrice, on obtient a ≈ 8,16 cm. Le côté opposé à 35° est bien plus court que celui qui mesure 14 cm et qui est opposé à 80° : le résultat est donc cohérent avec la géométrie du triangle.
Une fois un côté calculé, je peux trouver b de la même manière : b = 14 × sin(65°) / sin(80°) ≈ 12,89 cm. Il est judicieux de conserver plusieurs décimales pendant les étapes intermédiaires et d’arrondir seulement à la fin.
La procédure fiable
- Identifier clairement les angles A, B et C.
- Associer chaque côté à son angle opposé.
- Choisir deux rapports contenant la mesure recherchée.
- Isoler l’inconnue avant de saisir les valeurs.
- Contrôler le résultat avec la comparaison des angles et des côtés.
Cette dernière vérification est loin d’être décorative. Dans un triangle, le plus grand angle est opposé au plus grand côté. Si le calcul contredit cette règle, je reprends d’abord la correspondance entre les lettres plutôt que d’accuser la calculatrice.
Retrouver un angle avec l’arcsinus
La méthode fonctionne aussi dans l’autre sens. Supposons que a = 9 cm, b = 12 cm et A = 40°. Pour trouver B, on part de a / sin(A) = b / sin(B).
Après réorganisation, on obtient sin(B) = b × sin(A) / a, soit ici :
sin(B) = 12 × sin(40°) / 9 ≈ 0,857
On utilise ensuite l’arcsinus, noté sin-1 ou arcsin sur certaines calculatrices. Le premier résultat est B ≈ 58,9°. Le troisième angle vaut alors environ 81,1°, car la somme des angles d’un triangle est 180°.
Le cas parfois oublié des deux solutions
Un sinus positif peut correspondre à deux angles supplémentaires : B et 180° - B. Ici, le second angle possible serait 121,1°. Il faut donc vérifier la somme avec A : 40° + 121,1° reste inférieure à 180°, ce qui signifie qu’un deuxième triangle est géométriquement possible.
Avec certaines données, une seule solution existe. Avec d’autres, aucune. Ce cas s’appelle parfois le cas ambigu, car deux côtés et un angle opposé ne déterminent pas toujours une figure unique. Je ne retiens une deuxième valeur que si elle respecte la somme des angles et les longueurs données.
Éviter les erreurs qui changent complètement le résultat
Associer un côté au mauvais angle
C’est l’erreur la plus fréquente. Le côté a n’est pas le côté adjacent à A : il est opposé à A. Avant toute opération, je conseille de marquer visuellement les couples a-A, b-B et c-C sur le schéma.
Oublier le mode degré
Pour un exercice où les angles sont exprimés en degrés, la calculatrice doit être en mode DEG. En mode radian, sin(40) ne représente pas le sinus de 40° et le résultat devient immédiatement incohérent.
Arrondir trop tôt
Remplacer sin(35°) par 0,57 dès la première ligne peut créer une différence visible à la fin. Je garde au moins quatre chiffres significatifs pendant les calculs, puis j’arrondis selon la précision demandée, par exemple au millimètre ou au dixième de degré.
Confondre longueur et angle
Le sinus donne une valeur sans unité, tandis qu’un côté s’exprime en centimètres, mètres ou kilomètres. Dans l’égalité des rapports, les unités de longueur doivent rester cohérentes. Si a est en mètres et c en centimètres, je convertis avant de calculer.
Lire aussi : Unités de longueur - convertir m, cm, km et mm
Utiliser les sinus quand les cosinus sont plus simples
La loi des sinus n’est pas une formule universelle. Avec deux côtés et l’angle compris entre eux, la loi des cosinus permet souvent de trouver directement le troisième côté. Choisir la relation adaptée réduit les calculs et limite les occasions de se tromper.
Le réflexe qui rend les calculs plus sûrs
Pour retenir l’essentiel, je commence toujours par le schéma, puis je repère les angles opposés aux côtés. J’écris la proportion avant d’entrer quoi que ce soit dans la calculatrice, ce qui rend les erreurs de correspondance beaucoup plus faciles à détecter.
La loi des sinus sert à résoudre des triangles, mais elle apprend surtout à relier une mesure locale, l’angle, à une mesure globale, la longueur du côté opposé. Avec le mode degré, des unités homogènes et un contrôle final par la somme des angles, cette méthode devient un outil fiable pour la géométrie et les mesures.