Condensateur et circuit RC : réussir les exercices du bac

23 août 2026

Schémas de charge et décharge d'un condensateur en physique terminale, montrant un circuit RC avec une source de tension.

Table des matières

Un condensateur peut sembler abstrait jusqu’au moment où l’on observe sa tension monter progressivement, puis redescendre dans une résistance. En physique de terminale, le chapitre sert surtout à comprendre le stockage de l’énergie électrique, la dynamique d’un circuit RC et les méthodes de résolution attendues au bac.

Les repères à retenir pour maîtriser le dipôle RC

  • Relation fondamentale : q = C × uC.
  • Énergie stockée : E = ½ × C × uC2.
  • Constante de temps : τ = R × C.
  • Après une durée τ, la charge atteint environ 63 % de sa valeur finale.
  • Lors d’une décharge, il reste environ 37 % de la tension initiale après τ.
  • Au bac, les points se gagnent surtout grâce aux conditions initiales, aux unités et aux limites physiques.

Le condensateur stocke une charge et une énergie

Un condensateur est un dipôle formé de deux armatures conductrices séparées par un isolant, appelé diélectrique. Lorsqu’une source impose une tension entre les armatures, des charges opposées s’accumulent. Le composant ne produit pas d’énergie, mais il peut la conserver temporairement avant de la restituer au circuit.

La grandeur qui décrit sa capacité à stocker des charges est la capacité électrique C. Elle se mesure en farads, avec la relation :

q = C × uC

q est la charge électrique en coulombs, C la capacité en farads et uC la tension aux bornes du condensateur en volts. Un condensateur de 10 µF soumis à une tension de 6 V porte donc une charge de 60 µC.

La capacité ne doit pas être confondue avec la charge. Un condensateur de grande capacité peut stocker davantage de charges à tension égale. En revanche, pour un condensateur donné, la charge augmente proportionnellement à la tension.

Une énergie proportionnelle au carré de la tension

L’énergie emmagasinée s’écrit :

Ee = ½ × C × uC2

Cette formule mérite une attention particulière. Si la tension double, l’énergie est multipliée par quatre, et non par deux. C’est pour cette raison qu’un condensateur chargé peut rester dangereux, même après la coupure de l’alimentation.

Dans les exercices, je vérifie toujours les unités avant de calculer. Une capacité donnée en microfarads doit être convertie en farads, par exemple 10 µF = 10 × 10-6 F. Cette conversion simple évite une grande partie des résultats aberrants.

Schémas de charge et décharge d'un condensateur en physique terminale, montrant un circuit RC avec une source de tension, une résistance et un condensateur.

La charge et la décharge se jouent sur une constante de temps

Le condensateur ne se charge pas instantanément lorsqu’il est associé à une résistance. La résistance limite l’intensité du courant et crée un régime transitoire, c’est-à-dire une période pendant laquelle la tension et le courant évoluent avant de se stabiliser.

La charge dans un circuit RC

Dans le cas classique d’un condensateur initialement déchargé, relié à un générateur idéal de tension E à travers une résistance R, on obtient :

uC(t) = E × (1 - e-t/τ)

La constante de temps vaut :

τ = R × C

R doit être exprimée en ohms et C en farads pour obtenir τ en secondes. Cette durée donne l’échelle de rapidité du phénomène, mais elle ne correspond pas à une charge complète. Après une constante de temps, la tension atteint environ 63 % de sa valeur finale. Après 3τ, elle atteint environ 95 %, et après 5τ, près de 99 %.

La décharge du condensateur

Si le condensateur chargé est ensuite relié à une résistance sans générateur, il restitue progressivement son énergie :

uC(t) = U0 × e-t/τ

U0 est la tension initiale au début de la décharge. Après τ, il ne reste plus que 37 % de la tension initiale. Après 3τ, la tension est descendue à environ 5 %, ce qui permet souvent de considérer le condensateur comme pratiquement déchargé.

Le courant n’a pas le même sens pendant la charge et la décharge. La relation générale reste i = C × duC/dt, mais la dérivée devient négative lors d’une décharge si l’orientation de la tension est conservée.

La méthode qui fait gagner des points au bac

Les exercices sur le dipôle RC mélangent calcul, lecture de courbe et interprétation physique. Je conseille de suivre une méthode fixe, car elle réduit les erreurs de signe et permet de justifier chaque étape.

  1. Identifier la phase étudiée : charge ou décharge.
  2. Relever les valeurs initiales : tension du condensateur, tension du générateur, résistance et capacité.
  3. Convertir les unités avant d’utiliser τ = R × C.
  4. Écrire l’équation différentielle à partir de la loi des mailles et de i = C × duC/dt.
  5. Utiliser la condition initiale, par exemple uC(0) = 0 pour un condensateur déchargé.
  6. Vérifier les limites lorsque t = 0 et lorsque t devient très grand.

Pour une charge, la tension doit commencer à sa valeur initiale et tendre vers E. Pour une décharge, elle doit partir de U0 et tendre vers 0 V. Si la formule ne respecte pas ces deux contrôles, le problème vient généralement d’une condition initiale mal utilisée ou d’une confusion entre les deux régimes.

Retrouver τ sur une courbe expérimentale

Sur une courbe de charge, on repère le niveau correspondant à 0,63 × E. L’abscisse de ce point donne τ. Pour une décharge, on cherche plutôt le niveau 0,37 × U0.

Cette méthode est utile en travaux pratiques, notamment lorsque R ou C n’est pas connue. Avec une valeur expérimentale de τ et une résistance mesurée, on peut calculer la capacité par C = τ/R. La lecture graphique reste toutefois limitée par la précision du tracé et des instruments.

Un exercice type corrigé avec des nombres

On charge un condensateur de capacité C = 10 µF à travers une résistance R = 100 kΩ avec un générateur de tension E = 6 V. Le condensateur est initialement déchargé.

Calculer la constante de temps

On convertit d’abord les grandeurs :

R = 100 000 Ω et C = 10 × 10-6 F.

On obtient :

τ = R × C = 100 000 × 10 × 10-6 = 1,0 s

La charge est donc pratiquement terminée au bout d’environ 5τ, soit 5 secondes. Cette estimation est souvent plus parlante que la seule formule, car elle permet de prévoir l’allure de l’expérience.

Déterminer la tension à t = 1 seconde

Comme t = τ, on applique directement le repère des 63 % :

uC(τ) ≈ 0,63 × 6 = 3,8 V

Avec la formule exacte, on trouve environ 3,79 V. La charge correspondante vaut alors environ q = C × uC = 37,9 µC.

Lire aussi : Exercices de maths en 4e - méthodes et corrigés pour progresser

Calculer la charge finale et l’énergie stockée

À la fin de la charge, uC devient presque égale à 6 V. La charge finale vaut donc :

qfinale = 10 × 10-6 × 6 = 60 µC

L’énergie maximale stockée est :

Ee = ½ × 10 × 10-6 × 62 = 1,8 × 10-4 J

Le résultat correspond à 180 µJ. Pour contrôler le calcul, je regarde toujours si l’ordre de grandeur est cohérent avec une petite capacité et une tension de quelques volts.

Les erreurs qui bloquent le raisonnement

La première confusion fréquente consiste à croire qu’un condensateur se comporte comme une pile. Une pile fournit durablement de l’énergie grâce à une réaction chimique, tandis que le condensateur restitue une énergie limitée et se décharge progressivement.

Autre piège, la tension aux bornes d’un condensateur ne peut pas changer brutalement dans le modèle classique. Elle peut augmenter très vite si la résistance est faible, mais elle reste continue. En revanche, le courant peut prendre une valeur importante au tout début de la charge.

  • Oublier le facteur ½ dans la formule de l’énergie.
  • Utiliser C en µF sans la convertir en farads.
  • Confondre la valeur finale E avec la tension initiale U0.
  • Prendre 63 % pour une décharge au lieu de 37 %.
  • Écrire une durée de charge exacte alors que le modèle exponentiel n’atteint jamais parfaitement sa limite.
  • Négliger le signe du courant lorsque le condensateur se décharge.

Il faut aussi connaître les limites du modèle. Dans un montage réel, le condensateur possède des courants de fuite, une résistance interne et une tension maximale à ne pas dépasser. Au lycée, ces effets sont généralement négligés, sauf si l’énoncé demande explicitement de les prendre en compte.

La fiche mentale à garder avant l’épreuve

Pour réussir un exercice sur le condensateur, je retiens trois idées liées. La relation q = C × uC décrit la charge, la formule Ee = ½ × C × uC2 décrit l’énergie, et τ = R × C donne la vitesse d’évolution dans un circuit RC.

Si je sais identifier l’état initial, écrire la bonne expression de charge ou de décharge, convertir les unités et vérifier les limites, je possède l’essentiel du chapitre. Le reste consiste surtout à lire correctement une courbe et à expliquer ce que signifie le résultat pour le circuit étudié.

Questions fréquentes

La relation fondamentale est q = C × uC. q s’exprime en coulombs, C en farads et uC en volts. Par exemple, un condensateur de 10 µF soumis à 6 V porte une charge de 60 µC.

L’énergie emmagasinée se calcule avec Ee = ½ × C × uC². La tension étant au carré, si elle double, l’énergie est multipliée par quatre. Il faut convertir la capacité en farads avant le calcul.

La constante de temps vaut τ = R × C, avec R en ohms et C en farads, ce qui donne τ en secondes. Après τ, la charge atteint environ 63 % de sa valeur finale. Après 5τ, elle est pratiquement terminée.

Lors de la charge, uC part de sa valeur initiale et tend vers la tension du générateur E ; à τ, elle vaut environ 0,63 × E. Lors de la décharge, elle part de U0 et tend vers 0 V ; après τ, il reste environ 37 % de U0.

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condensateur circuit rc capacité électrique énergie électrique régime transitoire

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Luc Aubry

Luc Aubry

Je m'appelle Luc Aubry et cela fait maintenant 8 ans que je me consacre à la vulgarisation et à l'exploration des mathématiques, des sciences et de l'informatique appliquée. Mon parcours m'a naturellement conduit à partager mes découvertes et mes réflexions sur demarchijp.fr, un espace où j'aime décomposer les concepts complexes pour les rendre plus accessibles. Ce qui me motive, c'est de comprendre comment ces disciplines façonnent notre monde et de trouver des moyens clairs et précis pour l'expliquer. Je m'attache à vérifier mes sources, à comparer les informations et à organiser les connaissances de manière logique afin de proposer des contenus utiles, fiables et à jour.

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